| La parfaite lumière | J'ai Lu | | 696 p. | roman.apprentissage de Eiji Yoshikawa | terminé le 22/7/2004 |
| Le deuxième tome des aventures de Musashi Miyamoto, l'Histoire japonaise magnifiquement romancée. Musashi continue sa quête spirituelle émaillée des "combats" les plus divers. On se prend à rêver de vivre à ses côtés. | Ce tome est peut-être encore meilleur que le précédent. En effet, après avoir trouvé la voie dans le combat dans le premier tome, Musashi cherche une voie plus spirituelle dans ce deuxième tome. |
|
|  |
| Dans la prison | Ego comme X | | 238 p. | roman.graphique de Kazuichi Hanawa | terminé le 3/6/2005 |
| Le quotidien d'un détenu dans une prison japonaise : préoccupations, régulations, sujets de réflexion. | Cet ouvrage constitue un remarquable témoignage sur les trois années que l?auteur a passées dans une prison de l?île nord d?Hokkaidô, où il avait été incarcéré le 8 décembre 1994 pour détention illégale d?arme à feu. Dans cet un habile pamphlet contre le système carcéral nippon, Kazuichi Hanawa rend compte de la vie dans cette »communauté« d?une manière extrêmement scrupuleuse où une foule de détails prennent une importance qu?ils n?auraient pas à l?extérieur et élabore une réflexion originale sur sa condition de détenu. |
|
|  |
| Faites-moi confiance | in Omnibus «87e district, tome 1» | | 118 p. | roman.noir de Ed McBain | terminé le 7/8/2005 |
| Les escrocs courrent les rues : les spécialistes de l'arnaque à deux qui plument leurs pigeons et un tueur en série qui dépouille les femmes esseulées et les tue à l'arsenic. Teddy Carella sera un auxilliaire précieux de son mari dans cet épisode du 87e district. | Ed McBain sait parfaitement doser le mystère, introduire des scènes, mêler les intrigues. Encore un épisode savoureux dans cette formidable série. |
|
|  |
| Les Marana | in Pléiade 42 "La comédie humaine X" | | 100 p. | nouvelle.noir de Honoré de Balzac | terminé le 21/4/2003 |
| Lors de la prise de Tarragone en 1811, le capitaine Montefiore séduit Juana Mancini, une pure jeune fille héritière d'une longue lignée de courtisane que sa mère voulait éloigner de sa destinée. Montefiore, lâche et déjà marié, est contraint à la fuite alors que Juana est contrainte pour sauver sa réputation d'épouser le quartier-maître Diard. Elle ira vivre à Paris avec lui et lui donnera deux enfants. Après avoir quitté l'armée et échoué dans ses ambitions, Diard devient joueur et au bord de la ruine se retrouve à Bordeaux en 1826. Il y retrouve Montefiore qu'il assassine. Juana pour sauver l'avenir de ses enfants tue à son tour Diard est sauvé par un capitaine de gendarmerie compréhensif. | Cette nouvelle est construite autour de trois épisodes : le premier et le dernier se ressemblent par l'intensité et la passion dramatique (guerre, séduction, poignard, dégainé, vol, meurtre); la partie centrale est plus le résumé d'un roman réaliste et bourgeois. |
|
|  |
| Le Train | in Pléiade 496 "Romans II" | | 123 p. | roman.histoire de Georges Simenon | terminé le 6/8/2003 |
| Marcel Féron, commerçant aisé et mari heureux, vit une existence sans problèmes jusqu'au jour ? c'est le 10 mai 1940 ? où l'invasion allemande le précipite, avec sa femme et sa fillette de quatre ans, dans un train qui doit les évacuer hors de la zone des combats. C'est l'événement qu'il attendait confusément : un possible nouveau s'ouvre devant lui, sans qu'il en soit vraiment surpris. Au moment du départ, sa femme, qui est enceinte de sept mois, et la petite Sophie ont été installées dans un compartiment de 1re classe du train, tandis que lui est parqué, avec les adultes valides, dans un des nombreux wagons à bestiaux rattachés au convoi. Ce dernier est scindé durant le parcours, et Marcel se retrouve séparé des siens. L'inquiétude qu'il pourrait ressentir est refoulée par l'équipée extraordinaire que lui fait vivre le train, avec ses encombrements, sa promiscuité, ses haltes et les dangers aériens qui le menacent. Une jeune femme en robe noire, sans bagages, montée dans le wagon à la dernière minute, va déclencher l'imprévu pour Marcel : une liaison s'ébauche entre lui et Anna. Dans une durée qui abolit passé et avenir, ils font l'expérience d'une union à la fois physique et morale, sans presque se connaître. Marcel apprend que sa femme est à la maternité de Bressuire, à quelques lieues de La Rochelle, où elle vient d'accoucher d'un garçon. Il n'a de cesse qu'il ne l'ait rejointe. Anna l'accompagne jusqu'au seuil de l'établissement. Le c?ur serré, elle lui dit adieu et ajoute simplement : « J'ai été heureuse avec toi ». Le temps a retrouvé son cours normal. Marcel reprend sa vie familiale à Fumay, comme auparavant. Pendant l'hiver de l'année suivante, alors qu'il se rend un soir chez un client, il voit Anna surgir brusquement de l'ombre. Elle est venue lui demander de l'héberger, elle et un aviateur anglais, car ils sont traqués parla Gestapo. Ce n'est que pour quelques jours. Un moment d'hésitation... Anna a compris et n'insiste pas. Marcel a une femme, des enfants, une maison de commerce. Un mois plus tard, sur une liste d'espions fusillés, Marcel lira un nom anglais près de celui d'Anna Kupfer. | Un des rares romans de Simenon ancré dans l'Histoire, ce récit est clairement d'imprégnation autobiographique. La passion de Marcel Féron pour Anna Kupfer apparaît comme le moment qui «sauve» une vie. Anna Kupfer, insondable et mystérieuse, devient la figure idéalisée et inaccessible du courage et du don de soi. Un roman fort sur une «parenthèse enchantée» dans la vie d'un homme simple. |
|
|  |
| Mémoires d'Espoir | in Pléiade 465 "Mémoires" | | 399 p. | documents.mémoires de Charles de Gaulle | terminé le 10/5/2002 |
| Mémoires du Général de Gaulle (1958/1963) | Un éclairage précieux sur la guerre, sur l'homme et son action à la tête du pays. |
|
|  |
| Modeste Mignon | in Pléiade 26 "La comédie humaine I" | | 386 p. | roman.passion de Honoré de Balzac | terminé le 3/11/2002 |
| Peinture d'une famille de province où se trouve, au milieu des vulgarités, une jeune fille exaltée, romanesque : Modeste Mignon. Par une correspondance, elle tombe amoureuse d'un grand poète parisien. C'est sans compter sur la fatuité de ce poète qui avait laissé le soin de répondre à la première lettre de Modeste par un ami ... On retrouvera alors trois (et oui !) prétendants autour de Modeste. Heureusement, l'amour sincère de l'ami vaincra. | Une peinture très exacte des cours ridicules des hommes intéressés uniquement par l'argent et de la timidité des hommes réellement amoureux.C'est aussi une peinture non moins exacte des hésitations d'une jeune fille entre la célébrité (Canalis), le nom (le duc d'Hérouville) et l'amour sincère (La Brière). |
|
|  |
| Jeune fille | Gallimard | | 215 p. | roman.psychologique de Anne Wiazemsky | terminé le 26/3/2007 |
| Printemps 1965. Anne, la narratrice, a dix-huit ans quand elle rencontre le cinéaste Robert Bresson. Cette entrevue a été organisée par son amie Florence, laquelle tenait le premier rôle dans Le procès de Jeanne d’Arc. Persuadée que Anne est l’actrice idéale pour interpréter Marie dans Au hasard Balthazar, le prochain film du maître, Florence la pousse à auditionner malgré sa complète inexpérience. Au fil des séances d’essai, la présence d’Anne, son attitude, sa voix convainquent Robert Bresson de la nécessité de ce choix. Mais Anne est encore mineure, et il s’agit de faire accepter le projet à son grand-père, François Mauriac. Heureusement pour elle, ce dernier mesure toute l’importance de cette opportunité. Pendant plus d’un mois, Anne va faire l’expérience d’un plateau de cinéma. Robert Bresson, lui, instaure un jeu ambigu, entre séduction et domination. Bien que repoussant ses avances, Anne subit son emprise psychologique et le magnétisme de son génie artistique. L’actrice sent qu’une métamorphose s’opère en elle, suscitée par des désirs puissants mais confus, qui exacerbent sa sensibilité. Un week-end, elle décide de coucher avec un jeune type de l’équipe, afin de calmer son hypersensibilité. Une étape fondamentale vient d’être franchie. Son caractère s’affirme, elle ose tenir tête à Bresson, renversant le rapport de séduction en sa faveur, tout en découvrant, jour après jour, la magie du métier d’acteur. À la fin de l’été, le film terminé, Anne sait qu’un avenir est désormais possible. | La narration est dense, tendue, précise dans la description des émotions qui habitent cette jeune fille devenue, en l’espace d’un été, une « jeune femme ». Ce roman initiatique nous entraîne au passage dans l’univers singulier du septième art et nous fait découvrir l’un des créateurs les plus talentueux du cinéma français, qui aura été, pour la narratrice, à la fois un Pygmalion et un étrange séducteur. Anne devient ange et démon, un petit papillon qui sort de sa chrysalide. Sa relation avec le réalisateur dérange, détonne, perturbe. Mais à la fois, l'idée d'émotion et de sincérité se complète, vous laissant un goût de simplicité jamais frelatée. Un plaisir de lecteur. |
|
|  |
| Le Spectateur engagé | Livre de Poche | | 465 p. | documents.mémoires de Raymond Aron | terminé le 11/7/2005 |
| Raymond Aron est inclassable. Intellectuel anticonformiste, il est allé à contre-courant des idées dominantes de l'intelligentsia de gauche. Il a eu raison avant les autres sur la nature du régime soviétique, du stalinisme. Et dans les années 1950, il a eu le courage de tenir sa position, tout en accomplissant une ?uvre scientifique indiscutée. A la fois journaliste, sociologue, historien, philosophe, Raymond Aron retrace, dans ces entretiens avec Jean-Louis Missika et Dominique Wolton, son itinéraire politique et intellectuel. Dans ce dialogue vif, stimulant, il analyse les grands événements qu'il a vécus en un demi-siècle. La montée de Hitler au pouvoir, le Front populaire, Munich, la débâcle, Vichy et la Résistance, le génocide, la guerre froide, ses polémiques avec Jean-Paul Sartre et Maurice Merleau-Ponty, la construction européenne, la stratégie nucléaire, l'Algérie et la décolonisation, le gaullisme, Mai 68, l'Union de la gauche... | On découvre dans cette réédition du Spectateur engagé une conception de l'Histoire qui laisse sa part à la liberté des hommes, un plaidoyer pour la démocratie occidentale, mais aussi une personnalité complexe, lucide et passionnée. Voici sous forme de dialogue un livre facile à lire et qui résume très bien la pensée aronienne. Raymond Aron, l'un des grands intellectuels du 20ème siècle avec Sartre, Camus... Les questions de Dominique Wolton et de Jean Louis Missika sont intelligentes, souvent pertinentes, parfois agressives, mais le maître ne se laisse jamais démonté. C'est excellent aussi pour avoir un bilan politique, économiqe et sociologique du 20ème siècle (de 1914 à 1981, date qui couronne la victoire de Mitterand...). |
|
|  |
| De mal en pis | Rackham | | 602 p. | roman.graphique de Alex Robinson | terminé le 27/2/2005 |
| Sherman, Ed, Dorothy et leurs amis ont terminé depuis quelque temps leurs études, mais ont encore du mal à se fondre dans l'impitoyable monde du travail, de la " vraie vie ". Leurs parcours amoureux et professionnel s'entrecroisent et les premières difficultés apparaissent ; chagrins d'amour, alcoolisme, mesquineries, abus de confiance, escroqueries... Sans oublier les énormes problèmes à résoudre pour perdre son pucelage quand on est un jeune homme timide et fan de Star Wars, par dessus le marché ! La rencontre avec un vieux loser au caractère de cochon, dessinateur de comics tombé dans la déchéance, leur donnera l'occasion de faire ressortir leur sens de l'honneur et de la justice et révélera leurs véritables caractères. Tout le monde n'en sortira pas grandi et aucun d'entre eux ne sera plus le même. | De mal en pis est un roman graphique. Le format, un gros pavé en noir et blanc de 600 pages, avec une couverture souple est très éloigné de l?archétype 48 pages, cartonnée, couleurs de la BD franco-belge. Le format et la maquette sont très importants en bande dessinée, s?ils sont bien choisis le fond en découle bien souvent. Comme un roman, la lecture de ce livre plutôt dense, difficile de parler d?album, se fera le plus souvent en plusieurs fois, pour le plus grand plaisir du lecteur. La construction du livre s?apparente également à celle du roman contemporain. Nous suivons au quotidien les pérégrinations d?une dizaine de personnages dans le New-York d?aujourd?hui. En vivant la difficile insertion dans le monde des adultes, les petits abandons et les petites lâchetés quotidienne, les victoires aussi, tous évoluent sous nos yeux au fil des pages. Après une phase d'adaptation d?une cinquantaine de pages pour faire leur connaissance et entrer vraiment dans le livre, à chaque reprise en mains nous aurons le plaisir de retrouver les personnages comme pour une nouvelle rencontre avec des amis proches. L?une des forces de Robinson est l?empathie communicative qu?il éprouve pour ses personnages, même secondaires. Ils sont pourtant très imparfaits, souvent énervants, voire exaspérants, mais toujours sincères et très attachants. Humains pour tout dire. Mais ce roman est également très graphique et utilise au mieux le langage de la bande dessinée. Si le dessin n?a rien d?immédiatement séduisant, la narration est toujours impeccable de fluidité et de maîtrise. Et puis il y a ces ruptures de rythme où les personnages s?adressent directement au lecteur. Ces pauses narratives très drôles et jouissives où la vignette occupe toute la planche sont des petites pépites savoureuses. L?ordre de lecture des bulles devient secondaire, l?unité narrative passant du mot ou de la phrase à la planche tout entière. Sans être une nième autobiographie d?un jeune auteur en mal d?être, Robinson a visiblement mis beaucoup de lui-même dans son livre, en éclatant ses multiples facettes sur chaque personnage. Une bien belle bande dessinée. |
|
|  |